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Larmes aux yeux, âme au coeur. Elle est nue Faustine, elle est belle, elle est folle, elle est malade de n'avoir jamais su comme le rattraper, elle crève de ne pas être morte douze ans plus tôt. Alors oui, des fraises tagada pour rêver, ça semble très bien. De toute façon, il vaut mieux ça que des gâteaux au chocolat pour se souvenir. Les jours s'enfilent au temps comme une robe qui ne lui va pas, puisque trop démodée, ou trop inconnue. Et il passe inaperçu le temps, on ne le sent pas gravir les côtes infernales, plus loin, là-bas, et se rapprocher, s'approcher, les encercler, les adorer, les haïr. Le temps ne leur laisse plus le choix à la fuite, alors ils vivent chaque jour, là, nus, comme Adam et Eve, mais ce ne sont pas Adam et Eve, c'est juste un vieil homme dans la peau d'un garçon, et une enfant dans la peau d'une fille. Alors même, comment voulez-vous qu'ils s'aiment sans se faire du mal ? Ils ne se comprennent pas vraiment, trop de choses les séparent, alors ils s'apprennent, s'étreignent, s'éteignent, et dans la nuit. La nuit.



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# Enviado el miércoles 26 de diciembre de 2007 11:14

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- Tu en as encore ?
- Plus vraiment.
- Cherche bien, vide tes poches.

Fraises tagada. Encore.

- Encore.
- Comme si t'avais besoin de ça pour rêver.
- Pas d'ironie Emo, on n'est plus dans ton bar, il n'y a pas de piano, aucune musique pour rêver, il y a juste le frottement de nos pieds sur ce sable, qui te brûle les yeux. Il y a juste les bourrasques des vagues, et le fracas du vent. Il y a juste ce silence qui ne fait pas de bruit, qui ne hurle pas, ne chante pas, ne murmure pas. Il n'y a plus aucune foule, plus de brouhahaha. Alors oui, j'en ai besoin.



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# Enviado el miércoles 26 de diciembre de 2007 11:12

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Mais rien ne va déjà plus. Chaque jour ils se noient, se laissent emporter par la mer silencieuse, ils coulent, se laissent prendre, voler, dérober. Ils n'en ont que faire. Rien ne va déjà plus. Déjà. Soon a le goût amer des allers sans retours, alors pourquoi essayer de remonter à la surface ? Chaque jour, ils cherchent des secondes au fond de l'eau, ils ne nagent pas, ne flottent pas, ils descendent juste, inexorablement vers le fond, vers le rien. Puisqu'il ne va. Plus. Pauvres fous, trop de tristesse dans le coeur, et pas assez ailleurs.
Aucun bâteau à l'horizon, aucun espoir, juste le vent qui prend son pied sur la houle de l'océan, mer. Eux, ils n'en ont que faire de tout ça, ils sont étrangers à ce monde, cette plage, ce vent, ces vagues, ce soleil, ce sable noir, ils sont étrangers à eux même.




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# Enviado el miércoles 26 de diciembre de 2007 11:11

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- Ca ira.
- Ce n'est pas une promesse.
- Non, c'est juste l'espoir.





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# Enviado el miércoles 26 de diciembre de 2007 11:11

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Prendre un train qui ne mène nulle part, puisqu'on revient toujours à Soon. Comme si cette ville, cette vie s'étalait inlassablement. Et l'immense place est là. Celle dont ils ont tant rêvée... Ca ressemble étrangement à une plage, un monde inconnu, où ils n'avaient jamais posé leurs pieds. Le sable noir leur brûle les yeux, alors ils les ferment, et le vent les emporte dans cette vie impossible. Et tout est voyage, le bonheur, la tristesse, les souvenirs, sur cette plage tout devient voyage, aventure, inoubliable parfum des escapades. Ils escaladent le vide, se retrouvent en pleine vie, et ils dansent, sombrent, s'arrachent au soleil qui n'est même pas là pour les accueillir. Il n'y a pas eu d'accueil, alors Emo et Faust se réservent une nuit prochaine, champagne et crudités. En attendant il fait jour, et c'est comme ça que commence leur nouveau voyage. Un jour, sous un ciel rouge de nuages, qu'ils ont inventé au prix de quelques rêves. Un jour de défaite, de désillusion, et sur cette plage les vagues se font l'amour, et atteignent l'orgasme aux pieds de nos naufragés.
Ils sont nus, sur cette plage, ils vivent nus, ils s'éteignent là, vont se noyer à chaque heure illuminée par ce soleil qui ne veut pas montrer le bout de son nez, les pieds jaloux de ne pas sentir l'eau s'effondrer là. Ils sont nus, on pourrait parler d'Adam et d'Eve, de mensonges et de trahisons, de promesses qu'ils ne tiendront pas. Mais il n'y a ni serpent, ni aucun arbre, encore moins de fruit défendu. Et ces deux-là se sont refusés aux promesses depuis les départs de ceux qu'ils aimaient.



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# Enviado el miércoles 26 de diciembre de 2007 11:09